Utiliser un scribe IA au Québec : ce qui est exigé
Sources vérifiées le — 22 septembre 2026
Un médecin qui utilise un scribe IA au Québec ne choisit pas seulement un outil : il choisit un outil certifié. Cette page rassemble ce qu’exigent le Collège des médecins du Québec et Santé Québec, qui est responsable de quoi, et quels produits figurent aujourd’hui sur la liste.
Elle est écrite pour les cliniciens et les gestionnaires de clinique qui évaluent un scribe. Les listes officielles changent ; la date de vérification est en haut de page et chaque affirmation renvoie à sa source.
Les deux exigences, et qui les porte
| Exigence | Qui en est responsable | Ce qu’elle couvre |
|---|---|---|
| Certification TGV — trousse globale de vérification | Le fournisseur du logiciel | Sécurité des données, protection des renseignements personnels, interopérabilité |
| ÉFVP — évaluation des facteurs relatifs à la vie privée | L’établissement ou la clinique qui déploie l’outil | L’usage que vous faites concrètement de l’outil dans votre milieu |
Ce que demande le Collège
Le Collège des médecins du Québec demande que « tout médecin utilisant un scribe IA opte pour un outil certifié par le Bureau de certification de Santé Québec ».
C’est le point de départ du choix, avant toute comparaison de fonctions ou de prix. Un fournisseur qui ne peut pas répondre à cette question par oui ou par non n’a pas encore répondu à la première.
TGV et ÉFVP : deux choses différentes
Les deux sont exigées, mais elles ne pèsent pas sur la même personne, et c’est la confusion la plus fréquente.
- La certification TGV est la responsabilité du fournisseur. Elle porte sur le logiciel lui-même : sécurité, protection des renseignements personnels, interopérabilité. Vous ne pouvez pas l’obtenir à la place de votre fournisseur.
- L’ÉFVP est la responsabilité de l’établissement ou de la clinique qui déploie l’outil. Elle porte sur votre usage : qui accède à quoi, dans quel contexte, avec quelles données. Elle reste à faire même quand le produit est certifié.
Autrement dit : la certification du fournisseur ne vous dispense pas de la vôtre, et votre ÉFVP ne rattrape pas un outil non certifié.
Les outils retenus, certifiés et non certifiés
Le Programme pancanadien de transcription par IA d’Inforoute Santé du Canada (2025-2026) offre des licences gratuites à environ 2 000 professionnels de première ligne au Québec, pour un maximum de 12 mois consécutifs, jusqu’au 31 décembre 2026. Neuf produits y ont été retenus.
- Avec certification TGV : CoeurWay, AutoScribe, Tali AI.
- Sans certification TGV : Autochart AI, Empathia AI, Mika AI, Nexus AI, Pippen, Scribeberry.
Deux précautions de lecture. Cette liste est la sélection d’un programme précis, pas le registre exhaustif des produits certifiés au Québec. Et être retenu au programme n’équivaut pas à être certifié : six des neuf produits ne le sont pas. Vérifiez la source avant de conclure.
Le consentement du patient
Le Collège est explicite : « le médecin a le devoir d’obtenir un consentement libre et éclairé de la patiente ou du patient, en ce qui a trait notamment à la capture de la conversation et aux risques associés à la sécurité et à la confidentialité ».
Le consentement ne porte donc pas seulement sur l’enregistrement. Il porte aussi sur les risques — ce qui suppose que vous les connaissiez, et donc que vous sachiez ce que votre fournisseur fait des données.
Il doit être obtenu à nouveau dans deux situations : lorsqu’un sujet plus sensible sera abordé, et en cas de modification technologique majeure du logiciel affectant la protection des données.
Combien de temps garder l’enregistrement
C’est l’exigence la plus précise, et la plus souvent mal comprise. Les enregistrements et les transcriptions « doivent être détruits dès que le médecin a révisé et signé la note produite ».
Le critère n’est pas une durée, c’est un événement : la signature. Une politique de conservation exprimée en heures — 24 h, 48 h, 7 jours — décrit autre chose que ce qui est demandé ici. Posez la question au fournisseur dans ces termes : que reste-t-il, et à quel moment exactement disparaît-il ?
Les données d’entraînement
Si l’entreprise utilise les données captées pour améliorer son logiciel, le médecin « doit faire preuve de prudence », particulièrement si cela implique « un transfert et un stockage de données hors du pays ».
Trois questions à poser, et à faire écrire : les conversations de mes patients servent-elles à entraîner le modèle ? Puis-je le refuser sans perdre le produit ? Les données sortent-elles du Canada, et si oui, vers où ?
La note reste la vôtre
« Tout médecin utilisant de tels logiciels doit s’assurer, avant de la signer, que le contenu de la note rédigée par un scribe IA est exact et qu’il respecte les normes en matière de tenue des dossiers. »
Aucune certification ne déplace cette responsabilité. Un scribe qui rend la relecture plus rapide vous aide ; un scribe qui rend la relecture superflue vous expose.
Et Sylvia ?
Sylvia ScribeMC n’est pas encore offert. Il arrivera certifié.
Ce qui tourne déjà dans les cabinets, c’est l’Assistant Prise en charge. Le patient écrit son histoire avant d’arriver ; Sylvia la structure et dépose la pré-note dans votre DMÉ. La matière première est un texte que le patient a rédigé et qu’il peut relire. Les exigences décrites ici portent sur la captation d’une conversation — un autre geste, un autre régime.
Sources
Toutes les affirmations de cette page viennent de ces documents. Vérifiez-les : ils changent.